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Jan 09

Comment s’imprégner de la grille au violon ?

premier article blues au violon   Comment faire pour se repérer dans un morceau et toujours savoir ou l’on est ?

Ou plutôt, comment arriver à se retrouver si on s’est un peu perdu (car se perdre, ça, c’est plutôt normal non ?)

Et bien il y en a un qui vous dira toujours où il est si vous l’écoutez bien ; c’est le bassiste ! alors écoutons le bien et pour cela je trouve que la meilleure solution c’est de se mettre à sa place, et d’apprendre à jouer ce qu’il joue.

Au violon ? et oui, au violon …..Car le fondement même de la musque, et ce qui marche TOUJOURS, c’est de jouer le temps.
Et c’est ce que fait si bien votre bassiste préféré, notamment lorsqu’il joue ce qu’on appelle le Walking  Bass.

Alors si on sait jouer ce Walking Bass au violon, on arrivera toujours a se repérer et à faire avancer le groupe, nous aussi les violonistes !

Pour illustrer cela, j’ai choisit de le montrer sur un exemple simple et très efficace : sur le Blues
Je vais donc rappeler d’abord le principe du blues, puis vous pourrez voir sur une vidéo ce que je propose d’en faire.

Le blues : structure de base

Le blues est avant tout une chanson, et à l’origine, plusieurs chanteurs se répondaient.
La structure comprends 12 mesures de 4 temps chacune, que les musiciens représentent de la manière suivante, chaque case est une mesure :

grille de blues vierge

Pour bien arriver à se repérer lorsqu’on joue, il est important de se baser sur des sensations qu’on aura éprouvées et qui seront ancrées dans notre corps : pas besoin de réfléchir, c’est un réflexe !
C’est ce qui fait que nous sommes étonnés de voir des pros se repérer aussi facilement dans un morceau. En fait, ils ne réfléchissent pas mais font confiance à leur corps dans lequel ils ont ancré des repères.

La mesure

La base est de savoir se repérer dans la mesure et ses 4 temps, à tout moment.
Lorsque vous regardez des musiciens, la plupart d’entre eux battent le temps avec le pied. C’est bien mais insuffisant…. en tout cas pour moi !
Je chercher à créer un mouvement qui possède ces 4 temps ; avec un balancement par exemple.

Les cycles de deux mesures

En musique, on parle de système de question-réponse.

Le principe est qu’une mesure répond à une autre.
Les chansons enfantines sont l’illustration de cela : chantez « au clair de la lune » ou « frère jacques » : les mesures vont par paires, la 2eme répond à la 1ere, la 4eme à la 3eme, etc …

Il n’y a dons pas besoin de compter les mesures :  on sait qu’on arrive au début du cycle suivant lorsqu’on arrive à la question suivante

cycle question reponse dans un morceau

Les cycles de 4 mesures

La encore, il y a un cycle de question-réponse, mais étalé sur 2 fois 2 mesures
Si vous écoutez bien des moreau de blues, vous pourrez percevoir ce style particulier

structure question reponse du blues

Le cycle des 12 mesures

La aussi, on peut entendre tout cela comme un cycle de questions et de réponses
C’est présent dans l’harmonie, il faudra également le restituer dans les improvisations.

D’ailleurs, une des caractéristiques du blues, et du jazz en général, c’est qu’il est important de jouer plusieurs fois le même motif rythmique, ou  Riff, afin qu’il soit repéré par l’auditeur qui prend plaisir à le voir ré-apparaitre.

C’est notamment le cas avec ce système de question / réponse.

Ici les 4 premières mesures proposent une mélodie = une question ,
On la répète avec de légères variantes dans les 4mesures suivantes = on repose la question
Et on apporte un éléments nouveau = on répond

question reponse sur un bleus de 12mesures

Ce principe soit également être audible, et donc joué, pour ce qui concerne la ligne de basse !

Le blues : les accords

Le principe de base des accords est simple, il existe par contre une infinité de variations !
Je ne parlerai ici que de la base, d’abord parce que c’est ce que je connais mieux, et aussi parce qu’il faut maitriser les fondamentaux avant de se perdre ailleurs …

A la base donc, il y a un seul accord par mesure.
Je vais prendre ici le chiffrage romain.

Cela signifie que

  • le I est la première note de la gamme
  • le II est la 2eme note de la gamme
  • le III est la 3eme note
  • etc ….

Il est donc possible d’écrire le principe, puis de le jouer dans n’importe quelle tonalité en changeant juste la note de départ

La grille de base est la suivante

:grille de blues de base

Jouer la ligne de basse au violon

Pas de panique, nous arrivons maintenant au vif du sujet !

Je vais écrire ici juste quelques commentaires, mais le mieux est de regarder la vidéo ci dessous.

Le principe est la progressivité, et de ne pas brûler les étapes.
Je conseille fortement de mettre une boite à rythme pour jouer cela.

Je joue aussi toujours sur les notes graves,
d’abord en pizz, et là je met un octaver pour jouer un octave plus bas
puis avec l’archet

1- jouer 4 noires par mesure, à chaque fois la fondamentale
dans l’exemple de la video, le I est un DO donc on aura
.   pour l’accord I = jouer DO
.   pour l’accord IV =jouer FA
.   pour l’accord V = jouer Sol

2- jouer avec la tierce :c’est elle qui donne la ‘couleur ‘ de l’accord, majeur ou mineur
.  Je joue deux noires la fondamentale, et deux noires la tierce

3- jouer aussi avec la quinte, par exemple 4 noires
.  fondamentale -tierce – fondamentale – quinte [1 – 3 – 1- 5 ]

4- rajouter la 7eme qui donne aussi une couleur à l’accord suivant si elle est majeure on non
.   on peu jouer arpégé [1 – 3 – 5 – 7 ]
.   ou par exemple [ 1 – 7 – 5 – 7  ]
.   ou encore | 1 – 7 – 1 – 5 ] etc …

Je vous propose la consigne suivante

  • Jouer par cœur, sans partition ni grille sous les yeuxchanter sous la douche
  • bien planter chaque temps, en pensant à faire retomber le 4eme temps sur le 1er temps de la mesure suivante
  • et si vous vous « ennuyez » en trouvant cela pas très varié, c’est probablement parce que vous n’êtes pas à fond dans la note que vous jouez, que cela ne groove pas. Car le principe, c’est bien de s’amuser non ?
  • jouer dans différentes tonalités. Pour ma part, je change chaque jour
  • vous enregistrer pour écouter si vous auriez envie de jouer avec ce musicien à la basse !
  • et chanter sous la douche …

 

 

 

 

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(4 commentaires)

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  1. gilda samper

    super et très abordable! Accessible sans trop de connaissances harmoniques! Dans les sessions avec Maalouf au conservatoire de Narbonne nous ne pratiquons pas l’improvisation même si cela était nommé ainsi mais de la création collective spontanée. Résultat les musiciens capables d’improviser sont un peu frustrés car il est hors de question pour lui de proposer une phrase mélodique entière. Il préfère également que la batterie ne démarre pas pour ne pas imposer une mesure ou un rythme . Par contre on en revient au fondamental, ECOUTER les autres, être à l’affût de toute production du voisin pour la répéter telle qu’elle est, en fugue ou rajouter une ou deux notes.
    Gilda

    1. Colin

      Bonjour,
      Moi aussi j’ai participé à quelques ateliers de Maalouf (groupe rouge) : bonnes intentions mais l’apprentissage de l’écoute ça ne peut pas se réaliser en si peu de sessions, et l’impro collective à autant de participants ça me parait illusoire… (j’ai participé au « grand » -18- orchestre des Instants Chavirés, et au-delà de 5 ou 6 « actifs » simultanés ça devenait de la soupe !).
      Ceci dit travailler en petits groupes est une bonne méthode (je crois qu’il existe une opportunité à Narbonne).
      Peut-être à bientôt…
      J. Colin

  2. Ghislain

    Merci Gilda, ton retour me fait plaisir !
    Du coup j’ai été voir sur internet ce que vou avez fait avec Ibrahim Maalouf, il y a de nombreux articles.
    C’est un super musicien,mais il est vrai qu’avec 30 élèves du conservatoire, le travail était orienté pour permettre à chacun d’oser et sortir des sentiers battus, de créer une énergie collective, que de permettre à chacun de s’exprimer musicalement.
    Les jeux d’écoute développent effectivement de nombreuses qualité nécessaires pour improviser…. c’est un travail de patience et tout se met en place petit à petit !

  3. Colin

    Bonjour Gilda, bonjour Ghislain,
    Je ne « visualise » pas Gilda (qui doit faire partie d’un autre groupe d’impro que le mien avec Maalouf), mais je suis d’accord avec son commentaire, ainsi qu’avec le commentaire du commentaire par Ghislain : 30 participants de niveaux et de motivations très disparates, ça ne peut pas produire quelque chose de cohérent.
    Il reste que c’est une expérience d’écoute intéressante, mais là aussi il y a disparité…et je doute que la fréquence des stages puisse aboutir à un résultat probant !
    Des initiatives individuelles de travail en petits groupes pourraient faire avancer la chose…

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