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Avr 29

Improviser en jouant autour d’une note centrale

courbe dominanteJe vais aborder ici un sujet dont j’ai très rarement entendu parler … voire même jamais.
Je remercie Frédéric TARI qui m’a appris cette méthode très enrichissante pour développer mon jeu d’improvisateur.
Elle est très accessible techniquement, car cela n’exige aucune “virtuosité” instrumentale, même si les musiciens avancés pourront élaborer – au moins rythmiquement – des phrases complexes.
Elle demande par contre  une connaissance minimum des accords. Et ce qui est intéressant, elle permet de comprendre “à l’oreille” de nombreux concepts théoriques.

L’approche que je vais présenter ici est inspirée de ce que les compositeurs et arrangeurs nomment “les lignes intérieures” – Inners lines en anglais

DEFINITION

La principe des « lignes intérieures » (« inner lignes » en anglais) est une technique de composition ou d’arrangement musical permettant d’écrire de façon homogène les différentes voix d’un chœur ou les parties instrumentales d’un pupitre (cordes, cuivres, etc.) jouant une succession d’accords (riffs ou nappes harmoniques en notes longues, par exemple).

Dans cette technique, on s’efforce de maintenir chacune des voies dans sa « ligne » sans qu’aucune ne se croise. Pour cela, on applique à chaque voie le plus petit mouvement de note possible d’un accord à l’autre :
– soit on conserve la note d’origine inchangée,
– soit on la monte ou on la descend d’un intervalle de seconde mineure (1/2 ton) ou de seconde majeure (1 ton) à chaque fois que cela est possible.

Le résultat est une superposition de voies parallèles présentant chacune des mouvements minimums : une sorte de « mille feuilles harmonique » traversé par des lignes mélodiques parallèles dont la combinaison fait entendre l’harmonie des accords.

 

Nous allons donc voire maintenant l’application de ce principe à l’improvisation en l’illustrant sur les deux cas de figure pré cités :
1- lorsqu’on conserve inchangée la note d’origine => j’appelle cela la note traversante
2- lorsqu’on module la note en la montant ou la descendant d’une seconde mineure ou majeure.

L’exemple donné ci-dessous est illustré avec le morceau « les Valseuses » de S. Grappelli.
Pour ceux qui voudraient plus de détails sur ce morceau, je vous invite à relire article « 3 clefs pour jouer du violon jazz« 

1- Approche de la note traversante

Dans un premier temps je repère une note qui est présente dans tous les accords de la grille qui harmonise mon morceau.
Puis j’improvise en faisant “tourner la grille” autour de cette note pivot.

Dans la vidéo ci dessous Frédéric a pris la note “la”.

Voici les conseils pour choisir cette note traversante :

exemple 1 sur la succession de 2 accords qui ont au moins une note commune
G7 (sol – si – ré – fa) – C7 (do- mi- sol – sib)
Je peux choisir la note sol qui est présente dans les 2 accords

exemple 2 sur la succession de 2 accords qui n’ont pas une note commune
S’il n’y a pas de note présente dans tous les accords, j’en choisis une présente dans la superstructure. Elle fait donc partie de la gamme associée.
Nous verrons plus loin qu’il est nécessaire que cette note soit à un ton au dessus d’une note de l’accord

G7 (sol – si – ré – fa) – C7 (do- mi- sol – sib) – D7 (ré – fa# – la – do)
– Je peux choisir le ré : il est dans les accords de G7 et D7, et c’est la 9eme de C7, un ton au dessus du do
– Je ne peux pas choisir le sol : il est bien dans les accords de G7 et C7, c’est la quarte de l’accord de D7 mais il est seulement 1/2 ton au-dessus de fa#

Ecouter le rôle de la note

Avec une note traversante, je vais commencer par ne jouer que cette note pendant que les accords changent.
Ce qui va être important ici est de concentrer mon attention pour entendre comment je perçois cette note suivant les accords de l’accompagnement qui changent : elle peut être la fondamentale, la quinte, la 13eme, ….
Puis je pourrai « tourner » autour de cette note, en y revenant régulièrement, et sans jamais trop m’en éloigner.

Dans un premier temps écoutons ce que cela donne au violon

Afin d’approfondir et de comprendre ce qui se passe, et de vraiment l' »entendre », je vous propose de laisser votre violon de coté et d’écouter Frédéric qui nous explique comment nous pouvons aborder cela à l’oreille.

2- Moduler sur une note non traversante

Vous avez sans doute compris qu’une note qui traverserai tous les accords est à priori assez rare !
Donc ce que nous allons faire est de moduler cette note en fonction de l’accord que nous rencontrons.
Pour cela, nous allons jouer simplement jouer la note la plus proche de manière à faire le moins de “chemin” possible. Et revenir ensuite à notre note à l’accord suivant si cela est possible.

Nous allons ainsi, d’accord en accord, tracer avec notre note une ligne la plus « plate » possible.

Frédéric nous montre un exemple sur la note « mi » .

 

3- application pratique

Au delà de l’intérêt pédagogique, et de la formation de notre oreille, cette approche est d’un grand intérêt lorsqu’on improvise.

En effet, très souvent lorsqu’on improvise en s’inspirant des accords de la grille (voir l’article « s’inspirer des accords pour improviser« ) on oublie la dimension horizontale (donc mélodique) en privilégiant une approche verticale des accords.

Notre approche des lignes intérieures est justement intéressante car elle amène à penser  « horizontalement ».
Je pratique cela sur des cadences classiques (par ex II-V-I) et cela m’apporte beaucoup de sérennité.

A vous de jouer !

 

photos en tête de de article : courbe dominante de Kandisky;

 

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