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Juin 05

Apprendre la musique – nouvelles des neurosciences – résumé de livre

Voici le résumé d’un livre dont le contenu me semble intéressant pour tous : musiciens pratiquants ou non, parents, pédagogues, …

L’auteure, Isabelle PERETZ, nous explique avec l’aide des neurosciences
– l’influence de l’apprentissage de la musique sur notre cerveau,
– comment nous pouvons utiliser ces connaissance pour mieux transmettre/apprendre la musique.

 

Avertissement

A tout ceux qui sont réfractaires à cette approche scientifique, je vous engage à réfléchir sur l’argumentaire suivant :

« Les neurosciences sont à l’apprentissage de la musique ce que la physique est à l’architecture ».

Mais un bon physicien ne fait pas forcement un bon architecte
Et un bon neuro-scientifique n’est pas pour autant un bon enseignant en musique.

C’est la discussion entre les deux qui peut être enrichissante ; il est donc important pour l’enseignant comme pour l’apprenant de comprendre et de prendre en compte ces connaissances récentes.

RESUME

 

Ce que nous apprennent les neuroscience de l’apprentissage de la musique

La musique nous donne du plaisir, comme le sexe ou des drogues : elle agit en effet en faisant secréter à notre corps de la dopamine (neuro-transmetteur en relation avec les systèmes du plaisir et de récompense du cerveau).

On constate que notre cerveau serait « précablé » à la naissance : les bébés réagissent en effet très tôt à la violation de règles de composition : règles harmoniques , de rythme, …
Ils ont une très grande sensibilité à la culture musicale environnante et apprennent très vite : l’enfant est un véritable expert musical dès 4 ans !
Il se spécialise également très vite, en fonction de son environnement sonore et musical.

La compréhension de la musique précède largement son expression car celle-ci demande des fonctions motrices développées (coordination, …)
Faire de la musique développe beaucoup plus que la simple écoute, car l’action implique d’anticiper des erreurs éventuelles.
=> en ce sens l’éducation musicale est importante car elle permet à l’enfant d’exprimer ses intuitions musicales

Les études montrent clairement que pratiquer la musique accroit l’intelligence.
La pratique musicale favorise en effet les apprentissages scolaires en améliorant les fonctions « executives » c’est à dire certaines habiletés telles que la mémoire, la planification, la concentration, l’évacuation des mauvaises réponses , …

Cela opère donc aussi bien en mathématiques qu’en lecture et tout autre domaine.
Par exemple : le rythme est un facilitateur de l’acquisition de la lecture alphabétique
L’auteure insiste sur le fait qu’il est judicieux de faire de la musique « en plus » et pas « à la place » des activités scolaires.

Elle aborde également une question récurrente très prégnante dans notre environnement sonore parfois saturé en musique : Peut on étudier en musique ?
La réponse dépend de chaque personne et de son environnement, … même si certains invariants sont mis en évidence : pas de musique forte, pas de paroles, etc

Alors, comment agit la musique ?
Notre cerveau est plastique et il est modelé par la pratique. Les résultats diffèrent naturellement selon l’instrument pratiqué. On constate en tout cas que l’exercice soutenu et prolongé de la musique opère des changements notables et bénéfiques dans la taille et la précision temporelle des réseaux neuronaux. Et que ce type de résultat ne s’acquiert pas autant avec d’autres pratiques telles que le théâtre, la peinture, le sport, …

La pratique avant 7 ans, c’est à dire avant la stabilisation des réseaux neuronaux, facilite grandement les apprentissages ultérieurs 

Jouer de la musique est une expérience multi-sensorielle.
C’est pourquoi comme pour toutes les autres activités motrices ou intellectuelles, nous ne sommes pas tous égaux dans son apprentissage.

Mais on constate que le nombre d’heures d’apprentissage prédit assez bien le niveau de réussite : les talents innés sont très rares
Les statistiques sont d’ailleurs les suivantes : 95% de la population a une approche dite normale de la musique, 2,5% apprennent plus vite et sont doués, et 2,5% sont amusiques

Parfois, certains disent avoir du talent car ils ont l’oreille absolue.
En fait, moins de 10% des musiciens ont cette oreille absolue (plus chez les asiatiques) … mais ceci ne marque pas pour autant le talent pour la musique ; c’est juste un marqueur de connectivité anormale du cerveau.

Certains disent chanter faux. En fait, une expérience montre que les personnes qui chantent vraiment faux sont assez rares. Chanter est en effet aussi naturel que parler.  Et nous parlons tous ! Mais la capacité à chanter décline si on ne l’utilise pas.
N’oublions pas que la mélodie est un des premiers réconfort connu avec le chant maternel.

Il y ceux (très rare) qui chantent faux et qui ne s’en rendent pas compte : ils sont amusiques
Il y a ceux qui chantent faux, qui s’en rendent compte mais n’y arrivent pas : c’est juste par manque d’entrainement car la grande majorité chante juste.

On rencontre aussi l’Anhedonie musicale c’est à dire des personnes pour lesquelles la musique n’apporte aucun plaisir : cela provient d’une connexion appauvrie dans le circuit de la récompense

L’auteur nous montre que la danse sur la musique est également une activité musicale en ce sens que ce qui importe est que le corps expérimente.

Trois principes caractérisent la synchronisation mise en oeuvre par notre corps elorsque nous pratiquons : 

  • l’anticipation – par exemple, notre cerveau anticipe la pulsation, sinon nous serions en retard,
  • l’adaptation– par exemple à de petites variations de tempo
  •  l’abstraction – imitation visuelle par exemple : des sourds peuvent danser

Comment apprendre ?

Bouger sur de la musique est une envie irrépressible pour la plupart des gens, entrainés par la pulsation

Jouer et chanter ensemble créé un lien social, renforce la cohésion et l’altruisme.
On constate que la pratique du chant choral, appelée par l’auteure « grande caresse collective » est une pratique qui secrète beaucoup d’endorphine et que le plaisir est d’autant plus intense que la chorale est grande (sentiment d’appartenance).
L’apprentissage en groupe serait donc bénéfique.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre : même a plus de 70 ans l’apprentissage améliore l’humeur, l’attention, la planification, .. cela freine et retarde le déclin cognitif plus que d’autres activités comme le sport, l’informatique, la peinture, ..

L’apprentissage est optimal lorsque une relation humaine est présente.
L’imitation joue en effet un rôle fondamental, même si elle est une habileté complexe ; elle est plus rapide que l’exploration individuelle ou virtuelle.

L’enseignement a alors pour enjeu de rendre plus explicite ce qui est perçu et à défaire certains comportements innés : il accélère le processus

L’enseignant doit mobiliser trois éléments fondamentaux liés à un bon apprentissage  :

  • la curiosité : l’enseignant doit doser entre nouveauté et acquis
  • l’attention (qui est limitée) et nécessite de n’apprendre qu’une seule chose à la fois => l’enseignant doit guider vers ce qui est important pour l’apprenant à ce moment.
  • la consolidation qui demande notamment des alternances de phases de pratique & de sommeil
    Cela implique : la nécessité de jouer souvent (tous les jours?) ou avec des moments entrecoupés de siestes car la consolidation est maximale pendant le sommeil.
    On constate ainsi que répéter longtemps en boucle n’est pas une bonne stratégie car elle ne fait pas appel à la consolidation : mieux vaut faire un peu chaque jour !

Pourquoi apprendre la musique ?

L’auteur a démontré auparavant que

  • cela développe de manière importante les fonctions executives,
  • cela apporte du plaisir
  • et renforce les liens sociaux !

Il est donc judicieux lorsque des enfants sont en difficulté (y compris les autistes) de les orienter vers une activité musicale.

L’auteure :

Isabelle Peretz est titulaire d’une chaire de recherche en neurocognition de la musique à l’Université de Montréal. Au cours des trois dernières décennies, elle a fait de Montréal la capitale mondiale de l’étude du cerveau musical. Membre de la Société royale du Canada, elle a obtenu de nombreux prix d’excellence pour ses travaux. Elle dirige depuis 2005 le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS), qu’elle a également fondé

 

Le sujet vous intéresse ? vous voulez en savoir plus ?

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=> Ecouter l’interview d’Isabelle PERETZ sur France culture en cliquant ICI

=> relire l’article du BLOG : « comment la musique influence mon cerveau »

 

 

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