«

»

Avr 02

Comment vient l’inspiration pour improviser

Photo : inspiration et improvisationJ’ai parfois reçu des courriels me disant : il faudrait écrire un article sur le blog concernant la manière dont vient l’inspiration pendant une improvisation.

J’ai eu la chance d’assister à une Master-Class donnée par Rémi PLOTON, un excellent pianiste, qui a traité de ce sujet.

Et comme l’inspiration n’est pas propre au violon, mais concerne tous les musiciens, je vous fais profiter de l’enregistrement de cette séance !

Par soucis pratique, l’enregistrement de la séance est scindé deux : le premier article contient des explications, le deuxième montrera les exercices que Rémi PLOTON a réalisé avec quelques élèves du conservatoire.

Remi Ploton improvisateur

Résumé

Rémi explique que la première attitude qu’il prend est cette de l’écoute et de l’observation.
Il utilise le terme : « se connecter à ce qui l’entoure ».
C’est l’environnement immédiat qui va lui donner les éléments qui vont l’inspirer : du bruit, une ambiance, ….
Bien sûr dans cet environnement il peut y avoir d’autres musiciens. Dans ce cas s’instaure une relation avec eux, qui peut être une relation de jeu.

Il montre  qu’il essaie de ne ne pas rester le nez dans le guidon, dans » sa musique ». Il faut s’observer en train de jouer. Les notes ne nous appartiennent plus dès qu’elles sont jouées,

Il est essentiel de se connecter à son instinct pour arriver à attraper à ce qui va surgir. La première phase est donc une phase d’observation et d’écoute.
Il est difficile de la faire en jouant, mais c’est quelque chose qui peut se travailler en l’expérimentant  régulièrement de manière consciente (exercice avec la salle)

Il explique ensuite qu’il y a pour lui deux grands aspects liés à l’improvisation
1- Oser : c’est en essayant des choses nouvelles pour nous que l’on va progresser
2- Apprendre des techniques avec l’aide de  méthodes. Il nous indique quelques méthodes qu’il utilise.

Méthodes : dans beaucoup de domaines liés à la créativité, il peut être difficile de s’attaquer à une page blanche.
Il nous conseille donc de nous fixer des « règles du jeu » qu’on peut aussi appeler des contraintes.
Par exemple
– se limiter à jouer seulement 4 notes
– les jouer dans n’importe quel ordre, avec des durées variables
– pouvoir en répéter certaines
– varier les nuances
– ….

Autre exemple : utiliser une « machine » (synthé ou autre) qui va créer des sons de manière aléatoire ou non, Ces sons produisent des éléments avec lesquels on peut jouer.

Il nous montre qu’en se livrant à ce jeu, et en essayant d’observer ce qui se passe, nous pouvons créer tout à coup quelque chose qui nous plait : il faut alors « l’attraper » et s’en servir, par exemple pour en faire un motif de fond.

Bien sûr, le fait d’oser conduit à des résultats qui peuvent me plaire … ou non.
Il explique très bien que l’improvisation est autant le processus qui me conduit à oser, à me mettre en jeu, que le résultat de la musique produite.

Finalement, le résultat ne m’appartient plus et peu importe si les gens aiment ou pas …. c’est d’illeurs quelques chose qui peut se travailler.

Il va même jusqu’à nous dire : « ce n’est pas le résultat qui fait de moi un improvisateur« , mais c’est le fait d’oser me mettre en jeu.

 

 

Vous avez aimé cet article ?

Vous pouvez en savoir plus sur Remi PLOTON en visitant son site

http://remiploton.wixsite.com/remiploton

 

 

 

Je veux recevoir les prochains articles du BLOG "improviser-au-violon" Je recevrai en cadeau le e-book "démarrer l'improvisation au violon"



(2 commentaires)

1 ping

  1. fv

    Merci pour le partage de cette vidéo. Je trouve pertinente l’image de la connexion avec son environnement, d’être comme en surplomb sur soi, plus que celle du lâcher prise, car il me semble que ce dernier, s’il n’est pas assis sur une pratique déjà solide, peut empêcher de construire.J’aime bien aussi l’idée de balancer entre feeling et contraintes, de relancer l’un par l’autre.

    1. Ghislain

      Oui effectivement Remi a une approche que j’aime beaucoup.
      Mais si les exercices proposés sur les contraintes sont finalement assez aisés à mettre en oeuvre, car il s’incorporent bien à notre mode d’apprentissage,
      la connexion avec notre environnement est pour moi moins facile.
      J’essaie pour cela de mettre en place un petit « rituel » . Je me sens en effet (comme beaucoup) souvent tellement contraint par le temps que je ne le prends pas assez, bien à tort …. !

  1. Se fixer des contraintes pour improviser ?

    […] « Comment vient l’inspiration pour improviser […]

Vos commentaires ci-dessous sont les bienvenus !